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Le journalisme civique et l’information positive, un volet important de la responsabilité des médias | Le journalisme civique et l’information positive, un volet important de la responsabilité des médias |
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L’information, c’est ce qui fait rupture, dérange et crée l’événement : les trains qui arrivent à l’heure n’intéresse personne, en tout cas pas dans les médias, dit-on souvent. Né aux USA, le journalisme "civique" (civic journalism ou public journalism) prend pour sa part le parti inverse en choisissant de parler des trains qui arrivent à l’heure : pour ses défenseurs, il n’est plus suffisant d'informer, il faut que ce qui remplit les colonnes des journaux donne envie aux citoyens de participer à la vie de leur communauté. Un nombre croissant de militants du « public journalism » ou « civic journalism» croient que quand les lecteurs, de plus en plus nombreux, réclament dans les études de lectorat, des "bonnes nouvelles", il ne s'agit pas de trains qui arrivent à l'heure ou de belles histoires sur la vie des princesses : l'importance de l'information vient des possibilités d'action qu'elle crée et l’utilité d’un journal est ancrée dans sa capacité à aider au bon fonctionnement de la vie civique. Le but de ces croisés d'une forme radicalement nouvelle de journalisme, las des dérapages et du cynisme des journalistes qui semble empirer depuis plusieurs années : redéfinir le rôle de la presse dans la vie publique. "Le bon journalisme exige bien plus que des bons reporters, plus qu'un patronat éclairé et plus qu'une base économique solide " explique Jay Rosen, professeur à la New York University, et co-"inventeur" du concept. "En effet, sans des citoyens engagés et concernés, même les journaux dont le sens civique est le plus développé ne peuvent pas faire leur travail." L'objectif de Rosen et de son collègue, Davis Merritt, rédacteur en chef du Wichita Eagle de 1975 to 1996, est ambitieux : faire des journaux les sages-femmes de la citoyenneté. "Une raison d'espérer - voilà tout ce que les gens attendent de la presse, et ce n'est pas une exigence déraisonnable," affirme Jay Rosen. "L'importance de l'information vient des possibilités d'action qu'elle crée," renchérit Davis Merritt. La vie publique, c'est-à-dire le mécanisme qui met la théorie de la démocratie en pratique, exige une information partagée et une place où celle-ci est discutée et transformée en action. La presse est censée fournir ces éléments et aider au bon fonctionnement de la vie civique. Un programme à la fois simple et ambitieux. "Je préfère augmenter de 10% la participation électorale que gagner le prix Pulitzer," lance même Sandra Mims Rowe, ex-rédactrice en chef du Portland Oregonian, et l'une des adeptes influentes du journalisme civique. La démarche se répand peu à peu, au point qu’un cinquième au moins des quotidiens américains auraient pratiqué, avec un effet visible dans la société civile (reprise des articles par d’autres organisations, réactions positives des lecteurs, création d’ONG et de mouvements citoyens suite à la publication, influence directe sur un changement politique, etc.), cette nouvelle approche du journalisme entre 1994 et 2001, selon une étude publiée il y a 4 ans par le Pew Center for Civic Journalism, une fondation dédiée à la sensibilisation du monde des médias sur ces questions. Dans un autre domaine, la producteur cinématographique, signalons aussi que Jeff Skoll, 41 ans, co-fondateur du site de ventes aux enchères eBay qui l’a rendu millionnaire lors de son entrée en bourse, a créé Participant Productions, dont il veut faire « une entreprise de média responsable et indépendante, consacrée à l’intérêt général », produisant des films engagés et à succès comme « North Country » (sur la violence domestique), « Good Night and Good Luck » (précisément sur la responsabilité des médias), « Syriana » (sur les magouilles de l’industrie pétrolière) ou le film d’Al Gore « Une vérité qui dérange » (sur le changement climatique). Le mouvement a certes ses critiques, qui trouvent que le Public journalism a des relents de la presse du début du siècle quand leurs propriétaires, comme William Randolph Hearst -"Citizen Kane"- utilisaient leurs journaux pour avancer leurs causes et les candidats de leur choix. Jay Rosen hausse les épaules. Pour lui, l'objectivité, qui est "la plus importante contribution du journalisme américain au reste du monde," est une notion désormais dépassée. "Le journalisme est un des arts les plus importants de la démocratie. Son but ultime n'est pas de faire des gros titres ou des réputations, mais simplement d'aider la démocratie à fonctionner." Il s'agit peut-être d'un retour aux sources : à quoi servent les médias sinon à être les aiguillons de la démocratie ? Pour en savoir plus : Articles les plus récents :
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